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Les granulocytes humains génèrent des courants d'électrons
Bereich: Grundlagenforschung Infektiologie
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| Dr Jacques Schrenzel Genève |
Schrenzel, J., Serrander, L., Banfi, B., Nüsse, O., Fouyouzi, R., Lew, D.P., Demaurex, N., Krause, K.H. (1998). Electron currents generated by the human phagocyte NADPH oxidase. Nature 392: 734-737
Les globules blancs (=granulocytes) constituent la première ligne de défense de notre organisme. Ils sont essentiels pour détruire les microbes (=bactéries, champignons et parasites) qui nous environnent et qui représentent une menace constante pour notre organisme. A cet effet, les globules blancs produisent du superoxide, une substance qui va générer différents composés toxiques dont l'eau de Javel (= hypochlorite). Ces substances chimiques sont essentielles pour détruire les microbes. Comment ce superoxide est-il produit ? C'est précisément le sujet du travail publié par un groupe de chercheurs de la division des maladies infectieuses, à l'hôpital universitaire de Genève
Il s'agit d'un courant d'électrons généré par l'enzyme NADPH oxidase qui, après son passage à travers la membrane cellulaire, transforme (=réduit) l'oxygène extracellulaire en superoxide. Ce type de courant était inconnu jusqu'alors dans les cellules d'organismes supérieurs et n'a rien à voir avec les courants ioniques, essentiels pour le bon fonctionnement des cellules nerveuses ou cardiaques. En revanche, il est similaire au courant qui alimente une banale ampoule électrique... mais 10 milliards de fois plus faible!
La découverte de ce courant a une importante signification clinique. Lors de leurs expériences, les auteurs ont observé qu'au contact de produits bactériens (=peptides formylés) les globules blancs généraient des courants d'électrons. En revanche, ces courants étaient systématiquement absents dans les globules blancs provenant de patients atteints d'un grave déficit immunitaire les rendant très susceptibles aux infections (la maladie chronique granulomateuse). Ces expériences prouvent ainsi le rôle crucial du courant d'électrons dans la défense contre les infections.
D'autre part, les auteurs ont relevé qu'après l'adjonction d'un agent cancérogène (=le phorbol myristate acétate) les globules blancs produisaient également des courants d'électrons. Ainsi, l'activation inappropriée de ces courants par certains agents pourrait non seulement participer au développement de maladies aussi variées que le cancer et les maladies auto-immunes, mais aussi contribuer au vieillissement cérébral et à la maladie d'Alzheimer.
La découverte de ce courant d'électrons met à jour un mécanisme fondamental dans la défense contre les infections et permet une meilleure compréhension du fonctionnement de l'enzyme impliquée dans la génération de ce courant. Enfin, de nouvelles approches pharmacologiques peuvent être envisagées, notamment en vue de contrôler l'activation inappropriée de ces courants.
| Résumé du travail primé |
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